Jeanne : ni d'Arc, ni Pucelle !

(30 septembre 2007)


Jeanne d'Arc, la petite bergère inculte envoyée par Dieu pour sauver le royaume de France... Ce mythe est véhiculé depuis des siècles mais il est loin de la réalité.

D'abord, l'inculte savait écrire et sur les lettres qu'elle a rédigées, aucune n'est signée Jeanne d'Arc mais Jeanne d'Orléans. Quelques écrits attestent qu'elle maîtrisait le français de la cour, celui qu'une bergère n'apprenait pas. Elle a d'ailleurs déclaré à ce sujet, lors de son procès à Rouen, n'avoir "jamais gardé les moutons et autres bêtes".


L'histoire veut aussi que la Pucelle soit morte sur le bûcher en 1431. Or plusieurs centaines de documents démontrent sa présence à Metz, Arlon (Belgique), Cologne (Allemagne) ou encore Orléans après 1436.

Enfin, en 1436, la Pucelle n'est plus car elle épouse Robert des Armoises et Jeanne d'Orléans devient Jeanne des Armoises !

Jeanne n'a donc été ni d'Arc, ni Pucelle... Elle serait le fruit d'une manipulation de l'opinion publique lorsque la France était en difficulté face aux anglais et l'idée serait née de l'esprit de la belle-mère du roi, Yolande d'Anjou. Cette dernière aurait même fait entendre des voix à la Pucelle pour l'introniser comme messager de Dieu et inspirer de la crainte à ses adversaires.

Quatre-cents ans plus tard, au XIXème siècle, le mythe sera de nouveau exploité après la défaite de 1870. On fera de Jeanne un symbole fondateur de la République et elle sera canonisée en 1920.

Voilà donc comment un mythe s'écroule ! On doit cela à Marcel Gay et Roger Senzig qui après plus de dix ans de recherches minutieuses ont écrit "L'affaire Jeanne d'Arc" aux Editions Florent Massot (280 pages + annexes pour seulement 19€50 !).

Pour ma part, je retiendrai surtout que politique et manipulations font bon ménage depuis longtemps...

Bisous,